Un siècle d’art invisible à New-York

Il y a une douzaine d’années, j’avais visité une exposition au Grand Palais dont le thème avait un rapport avec la technique et comment elle avait transformé notre vie quotidienne.

Je me souviens très bien d’un son diffusé à l’intention des visiteurs : le « grrzzgrrzz » typique d’une diskette en fonctionnement. Un bruit que chacun connaissait mais qui disparaîtrait du paysage sonore quelques années plus tard, à l’instar de celui du rembobinage d’une cassette ou de la pointe de lecture qui se pose sur un disque vinyl.

J’avais pensé qu’il faudrait créer un musée des sons de la même façon que l’on avait créé un musée des parfums, l’Osmothèque de Versailles.

En attendant ce jour, le Museum of Arts and Design de New York fera en novembre 2011 preuve de mémoire olfactive avec “The Art of Scent: 1889-2011.

Cette exposition retracera l’évolution de la parfumerie moderne au travers de dix créations emblématiques, depuis le Jicky d’Aimé Guerlain (1889) jusqu’aux compositions contemporaines en passant par les classiques, à l’instar du Diorama d’Edmond Roudnitska (1949) que Chandler Burr, le critique olfactif du New York Times et commissaire de l’exposition, désigne comme « l’un des plus beaux parfums expressionnistes au monde ». Ce en quoi il a raison, toute emphase Nord-Américaine mise à part.

On y rendra également hommage au travail de parfumeurs ayant créé des fragrances qui ont marqué ces 30 dernières années : Olivier Cresp (Angel), Jacques Cavallier (L’Eau d’Issey), Alberto Morillas et Annie Buzantian (Pleasures).

Il n’y a certainement pas besoin de prétexte pour aller à New-York… Mais pour le nez curieux et voyageur, cette exposition constituera une incitation supplémentaire.

Hervé Mathieu – Fragrance Forward


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6 Commentaires

  1. Hervé Mathieu

    Je ne suis pas étonné que vous connaissiez Chandler Burr. Je suis à moitié étonné de la nouvelle que vous m’annoncez.

    Autant il est évident qu’avoir une telle chronique serait clairement impossible dans un magazine féminin, autant le NYT devrait être à l’abri des pressions des annonceurs de l’univers de la beauté, non ?

    Qu’en pense-t-il lui-même ?

  2. Le critique de parfum

    Nous avons juste échangé quelques mails. Effectivement impossible d’avoir une telle chronique dans un magazine en France!

    Les parfumeurs se présentent souvent comme des artistes mais refusent toute critique. L’un ne va pas sans l’autre. Tous les arts sont critiqués.

    • Hervé Mathieu

      Personne n’aime être critiqué dans son art et c’est bien humain. Les artistes s’y sont habitués mais ils s’en passeraient bien…

      On imagine que ce sont les annonceurs qui sont plus que réticents à cette idée. Les intérêts économiques liés à un lancement sont trop importants pour qu’ils acceptent l’idée d’une voix indépendante, et la presse magazine dépend bien trop de ces derniers pour risquer le moindre mouvement d’humeur qui se traduirait par une baisse de l’achat d’espace.

      Il suffit de compter le nombre de pages de publicité dans un féminin…

  3. Hervé Mathieu

    C’est l’une des multiples contradictions de ce métier : les parfumeurs veulent être des artistes quand l’industrie n’est… qu’une industrie.

    Et à propos : entièrement d’accord avec vous à propos du visuel de « Pure Virgin », de The Different Company. Une aberration.

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