Le luxe, à déguster plus qu’à sentir ?

Ce samedi j’ai été pris d’une envie coupable. Cette sorte d’envie qui saisit sans crier gare et contre laquelle on tente de lutter, invoquant les noms sacrés du Ken Club et de Julie Andrieu. Mais rien n’y a fait. L’envie de chocolat a triomphé et c’est presque en courant que je me suis rendu chez Servant, un chocolatier qui se trouve non loin de chez moi !

merveilleux-marcolini-diapo-35437J’ai fait mon choix et la propriétaire des lieux m’a fait goûter deux nouveautés, un chocolat aux baies roses et un au macha. M’improvisant dégustateur, j’ai apprécié en parlant de persistance en bouche, d’équilibre entre l’amertume et la douceur, de texture. De la couverture qui cédait en douceur sous la dent, des minuscules aspérités de la ganache qui glissaient sur la langue en suggérant un bruit de soie. Mon interlocutrice en a conclu, sans doute en commerçante avisée, que j’étais fin connaisseur…

Rien n’était plus immérité, mais c’est en empruntant aux vocabulaires du parfum et du vin que j’ai pu parler de ce que ressentaient mes papilles ravies.

Evidemment, c’est enfoncer une porte largement ouverte que de faire des correspondance entre le goût et l’odorat, mais à bien y réfléchir les correspondances ne s’arrêtent pas là.

Ce n’est pas par hasard qu’aujourd’hui, en tant que développeur de produits, je regarde de plus en plus ce que font les grandes maisons de champagne (le relooking graphique de Billecart-Salmon, la renversante édition « Le Rituel » de Piper-Heidsieck avec Christian Louboutin ou la très belle bouteille Palmes d’Or de Nicolas Feuillatte) et les grands chocolatiers (l’impeccable Pierre Marcolini en tête).

Alors ?

Est-il sacrilège de dire que, ces derniers temps, l’émotion et le désir viennent plus souvent de l’alimentation de luxe que de la parfumerie ? Peut-être.

De dire que ces métiers savent aujourd’hui, mieux que celui du parfum, emballer, présenter, valoriser, glorifier ? Sans doute.

D’affirmer que les chocolatiers et les producteurs de vins fins, moins obnubilés par la marge brute, mettent plus d’argent dans la beauté de leurs produits ? Certainement…

De conclure qu’il y a là un sujet sur lequel il faudra revenir ? Absolument.

Hervé Mathieu – Fragrance Forward

(P.S. : à lire sur le même sujet le pertinent billet de Nicolas Olczyk sur son blog « Parfums, Tendances & Inspirations »)

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